Augmenter le vivant : la nature est remplie d’exemples de plantes ou d’animaux dont les capacités ont été améliorées au fil du temps, que ce soit de façon naturelle ou artificielle. L’homme, faisant partie de la nature, est bien sûr lui aussi au centre de ces préoccupations… L’exemple de la puce insérée dans le corps fait actuellement débat : les technologies ne constituent plus ici un prolongement de l’homme mais en font partie intégrante. Pour quelles transformations fondamentales des usages, des mentalités… et des libertés?

Présenter son badge à la pointeuse en arrivant au travail, valider un titre de transport dans le bus ou le métro, insérer une carte pour ouvrir sa chambre d’hôtel ou payer avec son smartphone : chaque jour, nous utilisons, sans nous en rendre compte, des technologies RFID (Identification RadioFréquence), qui capturent automatiquement des données basées sur les ondes et rayonnements radiofréquence.
Et si cette technologie, plutôt que d’être intégrée dans nos objets – cartes, badges, téléphones – faisait partie de nous ? Un peu comme c’est le cas, désormais de façon obligatoire, pour nos animaux de compagnie que l’on peut ainsi identifier et tracer sans souci …

Une puce dans la main pour une trentaine d’euros

pucesPour une trentaine d’euros, la firme allemande Digiwell propose une puce de la taille d’un grain de riz ; il vous en coûtera un peu plus si vous souhaitez recevoir le kit pour vous l’implanter (gants stériles et seringue), ou si vous voulez que quelqu’un vienne vous la poser et vous en expliquer le fonctionnement. Mais vous pouvez aussi demander à un tatoueur de vous l’implanter. Certains, fans de technologies, désireux de devancer le progrès, par souci d’efficacité ou tout simplement par curiosité, ont déjà franchi le pas. Pour Digiwell, qui se présente comme le plus grand magasin en ligne de bio-hacking, il s’agit d’augmenter les performances physiques et intellectuelles de l’homme par la technologie, la puce n’étant qu’un produit parmi d’autres.

 

Pucés dans leur entreprise

Dès 2004 aux Etats-Unis, l’implantation d’une puce pour raisons médicales avait été autorisé. En 2015, en Suède, 250 travailleurs de l’entreprise technologique Epicenter ont été volontaires pour se faire implanter une puce : en un simple geste de la main, ils peuvent accéder à leur lieu de travail, manger à la cafétéria ou activer la photocopieuse. Les grands distraits qui ont tendance à oublier leurs clefs ou leurs mots de passe n’y voient que des avantages.
A Malines, Newfusion a été la première société belge à suivre ce mouvement, toujours sur base volontaire. L’idée est venue d’un employé qui oubliait régulièrement son badge…

Avantages médicaux ?

Sur le plan médical, cette puce, avec les données qu’elle contient, pourrait faciliter selon ses défenseurs l’intervention des secouristes lors d’un accident ou d’une catastrophe naturelle, la géolocalisation des malades atteints d’Alzheimer ou le contrôle du cholestérol d’un patient. Aucun recul cependant pour évaluer l’impact de cet implant sur la santé de celui le porte.
Les organisations de défense des droits de l’homme attirent déjà l’attention sur les dérives potentielles de ces puces intégrées et les usages qui pourraient en être faits : flicage, piratage, violation de la vie privée. Il est vrai que via nos smartphones, nos adresses mails ou les réseaux sociaux nous sommes déjà « espionnés » en permanence, et ce, sans même nous en rendre compte.
La puce, un pas de plus… mais un pas parmi d’autres vers l’homme augmenté ? Le cyborg (organisme cybernétique) ne fait désormais plus partie du seul univers de la science fiction…

Le youtubeur Cyrus North raconte son expérience : il s’est fait implanter une boussole. Avec les questions éthiques et philosophiques qui en découlent.

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