Chercher. Comprendre. Puis faire aboutir les résultats des recherches et les traduire dans la mise au point de traitements : voilà ce qui anime Jamila Louahed. Responsable R&D chez GSK vaccins, elle parle de son métier et de son parcours.

Non, il n’y a pas que la médecine, la dentisterie ou la pharmacie comme filière porteuse quand on est motivé par les sciences de la vie. Le champ des possibilités est tellement large et s’agrandit encore avec les nouvelles technologies! Jamila Louahed a pour sa part choisi la recherche et le développement de médicaments, et a tracé son chemin, petit à petit, pour se retrouver aujourd’hui à la tête d’une équipe de quelque 200 personnes qui, du biotechnicien au chercheur ou au clinicien en passant par l’« écrivain scientifique » qui rédige les notices, oeuvrent toutes à l’élaboration, l’amélioration et la mise en circulation de vaccins. Toute une chaîne de métiers très divers qui font appel à des connaissances similaires.

Le virus de la recherche

« C’est possible d’avoir une vie professionnelle, avec un poste à responsabilité, et une vie de famille. Je suis mariée, j’ai 2 enfants, je suis comblée à la maison et au travail.»

rechercheOriginaire de Colfontaine, dans le Borinage, Jamila Louahed a commencé ses études par un graduat en biotechnologie à Saint-Ghislain, pour pouvoir travailler dans un laboratoire. « Cela m’a plu », confie-t-elle, « mais cela ne m’a pas assouvi. J’ai fait mes stages dans un hôpital, mais j’avais d’autres aspirations, la fibre recherche et développement était déjà là. » Elle tente la passerelle vers la licence en biotechnologie à l’UCL, tout en travaillant le week-end en laboratoire pour financer ses études. « Là, j’ai un peu touché à la recherche, et j’ai attrapé le virus ! ». S’en suivent le doctorat et le post-doctorat puis un séjour de 2 ans aux Etats-Unis. «J’aurais pu m’arrêter au Master, mais je voulais approfondir mes connaissances dans le domaine de la recherche fondamentale et avoir la possibilité d’être responsable d’une stratégie; il fallait donc aller plus loin et faire le doctorat. »

Itinéraire de recherche, de Colfontaine à GSK, en passant par l’UCL

L’objet de son travail, à l’époque, a été de comprendre le rôle d’une nouvelle molécule produite par des cellules tumorales et d’essayer d’élucider les liens observés avec le développement de l’asthme. L’expérience américaine lui ajoute d’autres cordes à son arc, notamment les aspects légaux et réglementaires de la mise sur le marché d’un médicament. « Finalement », sourit-elle, «j’ai passé pour l’instant plus de temps dans le monde universitaire qu’en entreprise ; je ne suis chez GSK que depuis une dizaine d’années. Quand j’ai dû faire ce choix, j’ai hésité : est-ce qu’en industrie j’allais être libre ? Mais j’ai été rassurée, l’industrie permet de traduire les avancées scientifiques dans des traitements. Les deux sont complémentaires. Les recherches universitaires sont plus ouvertes : j’ai face à moi un phénomène, que je veux comprendre. La façon de le comprendre peut prendre un an ou vingt ans, c’est de la recherche fondamentale. Par exemple sur la question : pourquoi une cellule tumorale n’est-elle pas reconnue comme un corps étranger par notre système immunitaire, au même titre qu’un virus ? Cela paraît simple, mais les chercheurs ont travaillé longtemps pour comprendre. Du coup, l’industrie aujourd’hui peut se pencher sur la question : que peut-on trouver comme traitement ? Il y a un objectif de développement pour répondre à un besoin médical : il faut aboutir à un traitement, tester son efficacité, sa tolérance, le mettre sur le marché… »
Jamila Louahed se dit que la Belgique peut être fière de ses chercheurs, et particulièrement GSK : c’est ici qu’ont été mis au point plusieurs vaccins, dont le premier vaccin contre l’hépatite, puis, plus récemment le vaccin contre la malaria, qui peut être administré aux enfants des pays touchés par cette maladie. Protéger les personnes âgées du zona sera sous peu également une réalité.

Les « sciences de la vie » portent bien leur nom.

« Il y a de nouveaux champs de développement en lien avec les sciences de la vie. Par exemple, l’utilisation accrue du smartphone, les nouvelles technologies médicales et la digitalisation permettent de collecter un nombre énorme de données. Toutes ces informations peuvent être précieuses, notamment pour mieux comprendre quels sont les besoins médicaux, permettant ainsi de mieux focaliser la recherche. Les formatons universitaires s’adaptent à ces nouveaux enjeux. »

Découvrez d’autres métiers dès le 28 octobre 2017 au Pass, dans le Lab’expo chimie et sciences de la vie.

Et sur ce blog, découvrez le métier de plasturgiste.

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