Les HERA Awards récompensent chaque année des jeunes diplômés qui, par leur mémoire à l’approche systémique propre au développement soutenable, inspirent et stimulent l’ensemble de notre société à agir à 360°. Pour sa 6e édition, la Cérémonie de Remise des Prix s’est déroulée à l’Université de Mons.

Il y a 7 ans, la Fondation pour les Générations Futures lançait le programme HERA pour préparer les cerveaux de demain à penser à 360°. Les HERA Awards récompensent donc chaque année des jeunes diplômés qui inspirent et stimulent l’ensemble de notre société à travers leur mémoire de fin d’études.

Les jurés, issus des mondes de l’entreprise, associatif, académique et du secteur public, ont cette année sélectionné 17 nominés dont 7 lauréats ! Les mémoires primés sont le fruit du travail de jeunes universitaires très engagés et désireux d’embrasser les grands enjeux de société. Certains travaux proposent de véritables outils pour les citoyens et ne demandent qu’à être mis en pratique. Chaque lauréat s’est vu remettre un prix de 2.500€, dans chacune des 7 catégories suivantes : alimentation, santé, architecture, design, finance responsable, économie coopérative et technologies de l’information.

hera

Le prix Hera en économie

Sébastien Della Croce – UCL (Louvain School of Management), pour son travail
intitulé  » LES COOPÉRATIVES D’ÉNERGIE RENOUVELABLE : LE LEVIER CITOYEN POUR
LA TRANSITION ÉNERGÉTIQUE ? . » Promoteurs : Vincent Truyens et Vincent Meurisse

Résumé du travail primé: Le travail de Sébastien Della Croce analyse le potentiel de la participation citoyenne dans la transition énergétique à travers le prisme des coopératives d’énergie renouvelable. Après avoir décrit le fonctionnement du système coopératif en Wallonie et le cadre – régional et international – en matière d’énergies renouvelables, l’auteur s’est lancé dans une recherche exploratoire basée sur des entretiens individuels avec des coopérateurs et des groupes de discussion (focus groups) de personnes peu ou pas au courant de l’existence des coopératives citoyennes. Un sondage Internet (1018 réponses) a également été mené dans le but d’évaluer le degré d’intérêt du grand public wallon envers ces coopératives, mais aussi sa prédisposition à investir financièrement. Il en résulte, notamment, que 13 % des individus sondés se disent prêts à investir un montant compris entre 1.327 et 2.945 euros. Par extrapolation, les citoyens wallons de plus de 18 ans pourraient financer les infrastructures d’énergie renouvelable pour 30 à 67,5 % de la consommation résidentielle d’électricité. Sébastien Della Croce formule enfin diverses recommandations pour améliorer tant la visibilité que la résilience de telles structures, insistant sur le triple rôle potentiel pour le citoyen : investisseur, producteur et consommateur.

Le prix Hera en architecture durable

Pierre Lacroix – ULiège (Agro-Bio Tech), HECh (ISla Gembloux), ULB (La Cambre-Horta) pour son
travail intitulé  » PAYSAGES RÉSILIENTS. APPROCHE SYSTÉMIQUE DU TERRITOIRE POST-EFFONDREMENT . » Promoteurs : Julie Martineau et Didier Vancutsem

heraRésumé du travail primé: Liée à l’accélération des crises environnementales, sociales et économiques, l’hypothèse de l’e ondrement systémique global du système industriel est de plus en plus étudiée par le monde académique. Le modèle sociétal qui pourrait lui faire suite l’est également. Encore faut-il pouvoir expliquer celui-ci au grand public et aux décideurs politiques via une approche dénuée de considérations trop techniques. Pierre Lacroix s’est attelé à cette tâche marquée par les notions de collapsologie et de résilience. Après avoir construit un scénario fictif d’effondrement, il a imaginé le paysage alternatif qui pourrait en renaître dans notre société d’Europe de l’Ouest (tant rurale que citadine) à l’horizon 2050/2100. Grâce à un outil méthodologique innovant dans une telle matière (la bande dessinée), il invite à une visite guidée en territoires résilients, marqués par les initiatives de Transition. La sécurité alimentaire et énergétique s’y décline en modularité des éléments (pour éviter trop d’interdépendance), diversité et hétérogénéité des systèmes, coexistence de micro-agricultures « low-tech », approvisionnement locaux et artisanaux, prise en compte des externalités, etc. Bref, une boîte à outil destinée à construire un imaginaire de la résilience.

Le prix Hera en matière de santé

Agathe Salmon – ULB (Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménégement du Territoire) pour son travail intitulé  » LA FÉMINISATION DES POISSONS PAR LA PRÉSENCE D’ŒSTROGÈNES EN EAUX DE SURFACE. RÔLE DES CONTRACEPTIONS ŒSTROPRO-GESTATIVES ET PRISE EN COMPTE PAR LE MONDE MÉDICAL . » Promoteurs : Catherine Bouland et Anne Steenhout

heraRésumé du travail primé: Les perturbateurs endocriniens sont des micro-polluants capables, même à des doses très réduites, d’interférer avec les systèmes hormonaux d’organismes humains et animaux. Agathe Salmon s’est intéressée à l’un d’eux, le 17-éthinylestradiol (EE2), composant principal des pilules contraceptives. Elle a d’abord détaillé son trajet depuis les urines féminines jusqu’aux écosystèmes aquatiques, puis ses impacts sur les poissons qui y sont exposés. Elle a ensuite mis en évidence, via une enquête par questionnaires menée auprès de 790 étudiants en médecine et médecins prescripteurs, le peu de connaissances qu’ont ces derniers de ces impacts. Ils sont néanmoins largement demandeurs d’informations fondées à ce sujet. Forte de ces constats, Agathe Salmon propose d’attribuer une note écologique aux médicaments œstroprogestatifs selon divers critères (capacité de dégradation, toxicité, bioaccumulation…). Inspirée d’expériences menées avec succès à l’étranger, une telle proposition pourrait intégrer la préoccupation écologique à la pratique gynécologique.

Le prix Hera en alimentation durable

Bastien Van Grunderbeeck – ULB (Institut de Gestion de l’Environnement et d’Aménégement du Territoire) pour son travail intitulé  » L’IMPACT ÉCONOMIQUE ET ENVIRONNEMENTAL DE LA GESTION DES DÉCHETS DANS LES SYSTÈMES ALIMENTAIRES ALTERNATIFS BRUXELLOIS. LE CAS DU RÉSEAU DES MAGASINS DE DISTRIBUTION FÄRM . » Promoteur : Wouter Achten

Résumé du travail primé: Le travail de Bastien Van Grunderbeeck porte sur les déchets générés par les systèmes alimentaires alternatifs et, plus spécifiquement, sur la coopérative bruxelloise Färm. Née en 2013, celle-ci consiste en un réseau de magasins bio promouvant une alimentation bio, locale et de saison. Après avoir étudié l’impact économique et environnemental de la gestion des déchets dans l’un des magasins de la chaîne, l’auteur a réalisé une analyse de cycle de vie d’un panier de fruits et légumes sur l’ensemble du système alimentaire, soit du producteur jusqu’au consommateur. Son travail met en évidence l’impact important du distributeur dans la chaîne alimentaire, tant en matière de lutte contre les pertes de produits (invendus) qu’en matière de recours aux emballages, contenants et matériaux de transport jetés par le magasin ou fournis aux consommateurs. Il démontre que le modèle de distribution alternative génère à la fois des gains financiers, mais aussi de nombreux e ets secondaires: performance logistique accrue, réduction des coûts sociaux et environnementaux, développement de partenariats, partage de connaissances, etc. Plus largement, il formule des enseignements et recommandations susceptibles de contribuer au renforcement du système alimentaire durable et résilient dans le contexte de l’agriculture urbaine.

Le prix Hera dans le domaine du design

Adrien Dewalque. Simon De Roo, Angelo Rodriguez Garcia – UCL (CPME) pour leur travail intitulé « ETUDE DE LA CRÉATION D’UNE PME ACTIVE SUR LE MARCHÉ DE LA MICRO-COGÉNÉRATION ALIMENTÉE AU BIOGAZ . » Promoteurs : Henri Culot , Sabine Denis et Hervé Jeanmart

Résumé du travail primé: Ce travail a été réalisé par trois étudiants inscrits dans des facultés différentes de l’UCL. Fruit de deux années de Master, il s’inscrit dans le cadre de la formation en création de PME. Adrien Dewalque, Simon De Roo et Angelo Rodriguez Garcia ont étudié la faisabilité de la création d’une entreprise axée sur la conception, la production, la distribution et la fourniture de maintenance pour des unités de micro-cogénération de petite puissance alimentées au
biogaz à destination des agriculteurs wallons. Pour faire tourner ces installations, aucune culture énergétique n’est exigée, seuls les lisiers et fumiers provenant du bétail bovin des exploitations
locales étant requis. Un contrat de maintenance de sept ans est proposé aux éleveurs. Le business model mis au point est basé sur le système du tiers investisseur. L’offre proposée in fine aux agriculteurs concerne une unité de cogénération de 10 kW rentable après cinq à huit ans, vendue au prix de 138.000 euros. Baptisé Ogees, ce projet entrepreneurial s’inscrit dans le contexte de la réduction de la dépendance énergétique wallonne et européenne, et dans celui de la diversification des revenus des agriculteurs.

Le prix Hera en finances responsables

Nicolas Hercelin – UCL (Ecole des Sciences Politiques et Sociales – PSAD), pour son travail intitulé  » LA DÉMOCRATIE FINANCIARISÉE. LES URNES À L’ÉPREUVE DU MARCHÉ : ÉLECTION PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE DE 2017 ET RISQUE POLITIQUE. » Promoteurs : Isabelle Ferreras et Benjamin Lemoine

Résumé du travail primé: Dans le système politico-financier européen actuel, le remboursement de la dette publique est considéré comme la priorité numéro 1 des programmes politiques. Cette hiérarchie s’explique par l’architecture financière et monétaire héritée de la construction économique européenne et de la financiarisation mondiale. A la faveur des réactions des acteurs du marché obligataire observées pendant l’élec tion présidentielle française de 2017, le travail de Nicolas Hercelin a consisté à décrypter les mécanismes par lesquels les États accroissent leur dépendance aux marchés. Ce phénomène rétrécit progressivement l’espace d’intervention des pouvoirs publics et conduit tant à l’étranglement de leurs missions fonctionnelles (sécurité, éducation, santé, etc.) qu’à l’essoufflement du processus démocratique représentatif. L’auteur réhabilite l’intérêt d’une structure publique de financement en parallèle des monnaies de crédit privées. La voie préconisée permettrait de faire advenir un circuit monétaire correspondant à la réalité des finalités humaines, sociales et environnementales, selon des modalités démocratiques redynamisées.

Le Prix Hera IT

Mourad El Rougy ULB (Solvay Business School) pour son travail intitulé  » CAN OPEN DATA BE
LEVERAGED TO IMPROVE ENVIRONMENTAL POLICY DESIGN OR IMPLEMENTATION? . »
Promotrice : Estelle Cantillon

Résumé du travail primé: En Région bruxelloise comme ailleurs, les subsides à l’amélioration énergétique des bâtiments – singulièrement l’isolation des toits – ne sont pas toujours alloués d’une façon optimale. Les propriétaires de maisons correctement isolées peuvent bénéficier d’aides, tout comme des propriétaires de maisons peu isolées ne sont pas nécessairement informés de cette possibilité. Le travail de Mourad El Rougy démontre comment le croisement de la thermographie aérienne avec l’exploitation des « données ouvertes » (Open Data, données gratuites et disponibles à tout public) peut sensiblement améliorer cette situation. L’auteur a d’abord développé une matrice théorique identifiant les champs décisionnels dans lesquels l’Open Data permettrait de guider les décideurs dans leurs choix politiques. En l’appliquant ensuite à l’isolation des toits des logements bruxellois, il a démontré – et chiffré – les gains possibles en termes de réduction de consommation d’énergie et, de là, en termes de réduction des principaux polluants atmosphériques urbains. Son travail, plus généralement, invite les décideurs à utiliser l’Open Data dans d’autres domaines de la gestion publique.

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer

Enregistrer