Portés à bouts de bras par le Pass et en collaboration avec Planète Sciences, les Trophées de robotique Robotix’s sont soutenus activement par les professionnels du secteur, comme Agoria ou Google. Leurs représentants, membres du jury, expliquent leurs motivations.

Les Trophées de Robotique 2015-2016 battent leur plein. Ce jeudi 25 février, une quinzaine d’équipes sur les 38 équipes inscrites pour cette édition sont venues présenter leur robot et découvrir la table de jeu sur laquelle ils devront concourir lors de la finale, les 19 et 20 mars à la salle Max Audain de Frameries. Une première étape très motivante pour les jeunes qui travaillent sur leur robot depuis plusieurs mois dans le cadre de leur école, de maisons de jeunes ou de groupes de passionnés : non seulement ils rencontrent les autres équipes et découvrent comment elles ont exploité le thème de cette année “la plage”, mais en plus ils présentent officiellement leur engin devant un jury de professionnels. L’aspect “communication” prend donc ici une place particulière dans ce projet essentiellement scientifique et technique.
Le classement sur base des performances, ce sera pour la finale du 20 mars; l’étape du Robo-day veut mettre à l’honneur avant tout la dimension pédagogique du concours Robotix’s. Les membres du jury se basent ici sur des critères comme la méthodologie de travail, la démarche d’innovation, la communication du projet ou encore l’énergie déployée pour rechercher des fonds et faire de la récupération de matériaux.

Robotix's

Technicité et inventivité se côtoient.

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L’enthousiasme des jeunes séduit les professionnels

Quel est l’intérêt, pour les professionnels du secteur, de participer à un tel projet ? Quelles sont leurs motivations ? Qu’est-ce qui suscite leur étonnement ? Notre oreille s’est attardée quelque peu dans la salle où ils étaient réunis pour les délibérations…

Claudia Murer, Centre de Compétences Technocampus :

“J’aime bien ce défi d’avoir en présence des univers complètement différents : il y a des élèves qui ont des compétences techniques, d’autres, plus jeunes, qui les découvrent seulement, et d’autres enfin qui viennent de l’enseignement général et déploient leur créativité et leur bon sens pour y arriver. Cela leur montre que tout n’est pas qu’une question de technique. Ce projet peut vraiment apporter une image positive de certaines professions, scientifiques comme techniques d’ailleurs, car les 2 dimensions sont présentes ici.”

André Boverie, Agoria :

“Pourquoi nous sponsorisons un tel projet ? Parce que nous allons droit dans le mur : nous n’avons pas assez de techniciens; il faut par tous les moyens en trouver. Une société de Louvain-la-Neuve est à la recherche de 350 ingénieurs. Ils ne les trouveront pas; on le sait d’avance. C’est dramatique! Il nous faut 300 usineurs par an; il en sort 61 des écoles belges… Il y a des métiers qu’on ne trouve plus. On se bat aussi pour que les filles s’intéressent à ces métiers-là; elles ont des qualités indéniables!”

Stéphane Rivière, Google :

“Ce qui m’a étonné, c’est la diversité des approches et la motivation des équipes, que ce soit dans le cadre scolaire ou non. Indépendamment de l’aspect compétition, il y a la découverte de techniques que les jeunes ne connaissaient pas, et on voit que cet aspect pédagogique du projet a très bien fonctionné. Pour nous, ce qui est intéressant, c’est l’aspect multidisciplinaire, le recours tout à la fois à la mécanique, l’électronique ou l’informatique. C’est très important dans la recherche & Développement : en travaillant avec des personnes qui ont des compétences différentes, on apprend énormément.”

Frédéric Carbonnelle, MIC (Microsoft Innovation Center) :

“On va souvent dans les écoles pour promouvoir l’innovation, quelle qu’elle soit, pas seulement IT. En tant que membres du jury, on apporte notre expertise technique, mais ce sera intéressant aussi de pouvoir raconter à l’extérieur ce qui se passe ici, de témoigner de l’enthousiasme qui domine parmi tous les participants. Un autre de nos défis, c’est d’amener les filles vers la programmation, de leur montrer qu’il y a aussi de la créativité dans ces métiers. On a développé un matériel de formation orienté “filles” car cet univers reste très masculin : chez nous, sur 28 stagiaires, 28 sont des mecs!”

Franck Marsal, Forum des Sciences de Villeneuve-d’Ascq :

“On essaie de nouer des liens de proximité avec les structures de culture scientifique; on a certaines compémentarités et pour ce type d’opérations, il y a un intérêt manifeste : le projet génère beaucoup d’énergie et de motivation des participants. Il développe une culture technique, or, on a souvent tendance à avoir une vision trop théorique des sciences. Mais la science sans la technique ça ne marche pas; l’inverse est vrai aussi : l’un ne va pas sans l’autre.”

Pierre Detaille, Université de Picardie (et adm. de Planète Sciences) :

“C’est une démarche qui correspond à ce que fait Planète Sciences : apprendre par l’expérimentation, essayer, tester pour trouver une solution; ce qui va amener à se tourner vers des notions plus poussées”.

Samuël Kauffmann, Planète Sciences Picardie :

“Pour les jeunes qui participent au Robo-day comme ici, on constate que l’aspect de la convivialité, en plus de la technicité, pousse aussi à aller plus loin. Autant pour ceux qui font cela dans le cadre de l’école que pour ceux qui se réunissent dans un garage, on voit que des relations humaines fortes sont très présentes. L’objectif n’est pas seulement d’accomplir une performance! Tous ces jeunes qui sont passés par là, il en reste quelque chose, forcément… Par ailleurs, la robotique fait recette en ce moment; c’est intéressant de surfer sur cette opportunité-là pour toucher les jeunes.”

Les prix décernés lors du Robo-day 2016

Méthodologie : VF Team (Institut de la Vierge Fidèle) Bruxelles
Prix spécial du jury : Gary d’Assise (collège saint-François d’Assises ) Ath
Prix spécial des entreprises : Bob l’Ycée (Lycée Ste Croix & Notre Dame) Hannut
Prix de l’innovation : Electronicamons, Dragonim Mons
Prix de la communication : Robopotes, Hannut.

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