Le numérique n’a pas encore de place à proprement parler dans les programmes scolaires de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Mais beaucoup de choses bougent. A l’occasion des journées scolaires « Physique, logique, numérique » destinées aux élèves du secondaire, nous faisons le point avec Nathalie Clausse, responsable du service éducatif du Pass.

– La rédaction : Que ce soit pour les primaires en novembre dernier ou pour les secondaires cette semaine, les journées thématiques autour du numérique organisées par le Pass ont beaucoup de succès auprès des enseignants. A ton avis, pourquoi cet engouement ?
– Nathalie Clausse : Nous avons conçu ces semaines à la fois comme une nouvelle manière de visiter des matières existant dans les programmes, mais aussi pour permettre aux élèves de vivre un atelier de programmation. Par exemple, «visiter» les mathématiques par le biais de l’esprit logique; aborder des notions de physique comme l’électricité ou les ondes par le biais de supports plus actuels ou plus attirants, qui font partie de l’univers numérique. Pour la programmation, c’est totalement nouveau pour les écoles. Ce qu’il serait intéressant de savoir, c’est si ces ateliers liés à la programmation ont plu aux enseignants (et aux élèves, bien sûr !) et s’ils peuvent imaginer apprendre eux-mêmes en classe les bases de la programmation. Il faudra prendre le temps d’analyser les évaluations, mais il apparaît déjà qu’un certain nombre d’entre eux ont marqué leur accord pour participer à d’autres activités numériques dans le futur.

 

Numérique, codage et algorithmes

Durant les journées “Physique, logique, numérique”, plusieurs acteurs proposent des activités originales autour de la programmation, du code, du langage binaire. Un programme riche qui fait mouche auprès des élèves et intéresse particulièrement les enseignants et ceux qui réfléchissent à l’avenir de ces matières dans les programmes scolaires.
– La notion de « numérique » a évolué : avant, il était question d’apprendre à utiliser un PC ou un fichier Excel. Aujourd’hui, que recouvre ce terme ? Quelle orientation veut-on donner ?
– N.Cl. : En tout cas, au Pass, dans les animations scolaires qui seront proposées dès septembre prochain, on a choisi d’aborder différents champs. Systématiquement, l’idée est de permettre à la fois de s’approprier une technique et de réfléchir aux changements qu’elle pourrait apporter dans leur vie. Pour les 8-12 ans, il s’agira de comprendre de quoi est fait un ordinateur, ce qu’il y a à l’intérieur de la machine. Bref, de partir du concret, mais aussi de voir comment un ordinateur « pense », en rentrant un peu dans le langage binaire et la programmation.
Les 13-15 ans, en plus des animations actuelles autour de la robotique et de l’imprimante 3D, aborderont les objets connectés. Ils les décortiqueront pour voir comment c’est fait, puis ils verront comment en fabriquer ou en modifier pour mieux les « prendre en mains ». Enfin, les 16-18 ans s’intéresseront à internet : comment cela fonctionne, comment, techniquement, cela fait le tour du monde… Mieux comprendre pour être plus acteur du processus. Dans tous les ateliers, il y aura une place pour la créativité, pour que les élèves prennent conscience de toutes les possibilités qui sont mises à leur disposition avec le numérique.
– Mais tout cela, les enseignants ne l’abordent pas déjà en classe ?
– N.CL. : Alors que le numérique nous entoure et que ces questions sont fondamentales pour tous, il n’y a encore aucun cours dédié à cette matière, si ce n’est, potentiellement, le cours d’éducation à la technologie qui peut dès aujourd’hui intégrer toutes ces activités. Mais tout cela devrait changer…

Dans le cadre de Wallcode et des “écoles numériques”

– Il y a un grand chantier en cours pour faire évoluer les programmes scolaires en ce sens. Peux-tu en parler ?
– N.CL. : Du point de vue institutionnel, il y a à la fois du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles, le Pacte d’excellence qui a engagé une réflexion autour de cet aspect, et du côté de la Région wallonne, le soutien des activités numériques dans le cadre de Wallcode ainsi que des «écoles numériques ». Il y a aussi les acteurs de terrain, dont le Pass fait partie, qui font déjà de la sensibilisation. Des initiatives voient également le jour du côté des hautes écoles formant de futurs enseignants et des universités. Toutes sortes de questions se posent sur la meilleure manière de faciliter l’entrée de ces matières dans les programmes scolaires. On sent qu’il y a une effervescence ! Durant les journées thématiques proposées cette semaine, par exemple, plusieurs personnes qui réfléchissent à la question sont venues observer en live des ateliers proposés par le Pass ou ses partenaires. Nous avons accueilli notamment Sandrine D’Hoedt, professeur en didactique des mathématiques à la HElHa de Braine-le-Comte, soucieuse de montrer à ses élèves, futurs professeurs de maths, l’intérêt d’aborder le numérique, notamment la programmation. Ou encore Olivier Goletti, assistant à l’UCL au département informatique, et mandaté par la Région wallonne pour faire des propositions d’intégration d’activités de programmation ou de logique algorithmique dans le secondaire. De notre côté, nous échangeons avec ces partenaires et d’autres pour mettre les réflexions en commun et nous aimerions travailler avec des écoles-pilotes dès la rentrée prochaine. Sont venues également suivre les activités des journées « Physique, logique numérique » : 2 médiatrices scientifiques de la Cité des Sciences de Paris. Elles aussi ont besoin d’inspiration pour leurs activités autour du numérique, alors qu’en France, cette matière fait désormais partie des programmes scolaires.

Le numérique au Pass, cela ne concerne pas que les écoles! Les familles aussi sont invitées à prendre les technologies numériques en main… Au printemps 2017, l’ouverture de la Waouh zone et de la Fabrique à pixels feront l’événement!

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