Il y a quelque temps, on dressait le portrait des Youtubeurs de sciences, ces vulgarisateurs 2.0 qui s’inscrivaient dans le sillon de l’incontournable « c’est pas sorcier », émission scientifique déprogrammée de France 3 en 2014. Face aux bizarreries contées par Axolot, aux questions scientifiques soulevées par E-penser ou au Darwinisme appliqué aux Pokémons de Dirty Biology, on pouvait trouver la science plus fun, ludique et accessible. Bonne nouvelle pour ceux qui ont soif de connaissances, l’histoire trouve également sur Youtube, un nouveau terrain de jeux.

Histoire de bien comprendre l’histoire…

C’est une autre histoire

Faire la plante verte pour éviter le viol, parler d’Ares, le tueur qui ramasse les dépouilles en passant par l’écrasante naissance d’Athéna, pour Manon Bril, « L’histoire n’est pas la discipline austère et élitiste qu’elle semble être »*Un  message que veut transmettre cette jeune doctorante en histoire qui partage sur Youtube sa passion pour la mythologie et l’iconographie.

Face aux a priori et malgré la richesse des programmes scolaires, cette ancienne professeure des écoles le sait, capter l’attention des jeunes ce n’est pas toujours facile. C’est donc avec un brin d’humour et de familiarité que Manon Bril utilise dans ses vidéos les codes de la narration pour réconcilier les plus réfractaires avec ces thématiques qui peuvent sembler parfois rébarbatives.

Depuis son Prix du public pour sa participation à “Ma thèse en 180 secondes” et forte de son bagage pédagogique, Manon Bril s’est armée pour la vulgarisation et emmène les internautes dans son univers rempli de dieux, de nymphes et autres espèces mystérieuses.

Nota Bene

« Découvrir l’histoire autrement »

Un bâtard peut-il accéder au trône ? Les nazis sont-ils tous pourris ? Quel personnage emblématique est mort sur la cuvette de ses toilettes ?

Depuis 2014, Benjamin Brillaud, emmène son public à la découverte de l’histoire et de la mythologie via de courtes vidéos, tantôt sur une dynamique question/réponse, tantôt en s’appuyant sur des anecdotes ou sur la fiction pour aborder un sujet historique. A travers ces capsules réalisées face caméra, ce passionné d’histoire, invite le public à la curiosité et à la découverte.

 

Confessions d’Histoire

« L’histoire est une science humaine et vivante »

Relater l’histoire sous un angle décalé et original, c’est le parti pris par Ugo Bimar, réalisateur; truquiste avec « Confessions d’Histoire ».

Sur fond neutre, mise en scène de type « confessions intimes » revisitées à la sauce Kaamelott, défilent Aliénor d’Aquitaine, Jules César ou Cléopâtre. Avec humour et légèreté, ces personnages emblématiques livrent leur vision de l’Histoire.

Le traitement face caméra et le jeux d’acteur s’éloignent des formats que l’on retrouve habituellement sur Youtube. Un choix subtil qui rappelle surtout les confessionnaux issus de la TV réalité où l’on aime apprendre des anecdotes croustillantes.

 

Youtube : un outil pour aller plus loin…

Depuis sa création en février 2005, le succès de la plateforme Youtube ne cesse de grandir. Vidéos humoristiques, clips musicaux, tutos beauté, c’est plus d’un milliard d’heures de vidéos visionnées chaque jour et autant d’utilisateurs. Une cible essentiellement jeune, 18-34 ans, en quête de divertissement (64%) et d’information pour apprendre et progresser (52%)*. (*selon une étude menée en 2016 par la plateforme.)

Un intérêt pédagogique perçu par certains Youtubeurs qui tentent alors de proposer un contenu éducatif, dynamique et ludique. L’objectif ? Intéresser, donner envie de (re)découvrir ces domaines sous un angle différent sans pour autant se substituer au cours. Pour ce faire, ces vulgarisateurs 2.0 utilisent de nouveaux modes de narration auxquels sont habituées les générations Y et Z. En usant d’images, d’animations, d’humour ou de références à la culture populaire, ils mettent leur pédagogie au service du public . Ils offrent une entrée en matière, éveillent leur curiosité.

Youtube : l’expérience limitée

Si Youtube s’avère être un outil intéressant pour le partage de connaissances, certaines réalités doivent toutefois être prises en considération par rapport aux vidéos dites de « vulgarisation » uploadées sur la plateforme. En effet, le choix du format, le statut du Youtubeur, la durée des vidéos permettent rarement d’approcher une thématique dans son ensemble ni d’approfondir les sujets traités.

En conséquence et conscients de ces limites, les youtubeurs invitent très souvent les internautes à croiser et diversifier leurs sources. On préférera alors le terme d’« animateurs » de sciences ou d’histoire à celui de « passeurs de savoirs ».