Ses oeuvres sur le thème de l’énergie seront présentées durant l’été dans le cadre de Mons 2015, parallèlement à la nouvelle exposition “Energie, les nouveaux rêves”. Une belle façon de créer des passerelles entre art et sciences…

Tomi Ungerer, les parents de chez nous le connaissent surtout à travers ses inoubliables albums pour la jeunesse. “Les 3 brigands”, “Le géant de Zéralda”, “Le nuage bleu” ou “Otto” : autant d’histoires que les mamans ont adoré raconter au bord du lit pour peupler les rêves …ou les cauchemars de leurs petits. Des histoires où on ne prend pas les enfants pour des bébés puisque, comme dans les “vrais” contes d’autrefois, Tomi Ungerer n’hésite pas à dire qu’ “il faut traumatiser les enfants pour leur donner une individualité”.

Un créateur prolifique

p80Mais sa production de livres pour les enfants n’est qu’une petite facette de la personnalité “kaléidoscope” de Tomi Ungerer. Affichiste, auteur illustrateur, inventeur d’objets, collectionneur, dessinateur publicitaire, auteur de dessins érotiques, politiques ou satiriques : à 83 ans, le créateur insatiable est resté un enfant turbulent qui aime jouer les provocateurs. “Un ciel bleu, sans nuages, sur une plage… Quoi de plus ennuyeux ? La vie, c’est le défi”, disait-il lors d’une interview à Télérama.

De l’Alsace à New York

Tomi Ungerer est né à Strasbourg en 1931. Il a donc traversé une grande partie du siècle dernier et a été marqué par les événements historiques qui l’ont jalonné. Quand, alors qu’il était encore enfant, l’Alsace est annexée par l’Allemagne, il subit l’endoctrinement nazi et ne peut plus parler sa langue maternelle. Installé à New York depuis 1957, il s’engagera dans les années 60 contre la ségrégation raciale et la guerre du Vietnam. Puis dans les années 90, en Europe, contre le nucléaire. Il le fait avec ses armes à lui : l’illustration et le graphisme. Dans des livres ou des campagnes d’affichage.

Une collection réunie à Strasbourg

Reconnu internationalement, il a reçu de nombreux prix et récompenses et son oeuvre a fait l’objet de plusieurs expositions…jusqu’à Tokyo, en 2001.
Ayant vécu successivement aux États-Unis, au Canada et en Irlande, il a toujours gardé des liens privilégiés avec la France, et avec sa ville natale, Strasbourg, en particulier. Il lui a fait plusieurs donations de son oeuvre, de sa collection de jouets et de son imposante bibliothèque personnelle. Depuis 2007, d’ailleurs, la ville a créé le Musée Tomi Ungerer, centre international de l’illustration, qui recèle 8000 dessins originaux et estampes, un fonds documentaire de 1500 ouvrages, vidéos et archives de presse sur l’artiste lui-même, mais aussi sur le thème de l’illustration et enfin 6000 jouets. Tomi Ungerer collectionnait en effet les jouets mécaniques, optiques, éducatifs, les soldats de plomb ou encore les jeux de société. Tous les axes de la production de l’artiste et ses différentes périodes stylistiques y sont représentés, ce qui lui confère une valeur scientifique et artistique de haut niveau.

La roue de l’énergie

l-energie-selon-tomi-ungererParmi ses oeuvres récentes, la roue de l’énergie sort du lot par son originalité : commandée par le Musée EDF Electropolis à l’occasion des 30 ans de la centrale nucléaire de Fessenheim en 2010, elle est une “machine à produire de l’électricité, riche d’énergie hydraulique, poétique, batracienne et transnationale”. Une invention digne de Léonard de Vinci, au carrefour de la science, de l’art, de la technique et de l’humour… Elle a descendu le Rhin et était l’attraction du pavillon de l’Alsace à l’exposition universelle de Shanghaï.

L’exposition qui fera escale au Pass est en réalité une exposition itinérante baptisée “Mon Énergie“, composée à la base de 60 dessins humoristiques et poétiques qui ont marqué la collaboration entre l’artiste et le groupe ES (Électricité Strasbourg). Il y présente sa vision de l’usage de l’énergie au quotidien.

Elle est présentée parallèle de la nouvelle exposition “Energie, les nouveaux rêves”, créée par le Pass dans le cadre de Mons 2015.
À découvrir au Pass dès le 27 juin 2015.