Le projet architectural de Jean Nouvel pour le Pass a séduit par sa volonté de conserver l’esprit de ce lieu chargé d’histoire tout en créant des bâtiments contemporains.

 

Nouvel, une renommée internationale

L’Institut du monde arabe ou le Quai Branly à Paris, la tour Agbar à Barcelone, le “Louvre des Sables” à Abu Dhabi : voici quelques-uns des bâtiments prestigieux signés Jean Nouvel. Un honneur donc, pour le Pass – l’ancien charbonnage de Crachet! – de compter parmi les réalisations du célèbre architecte français.

Ces bâtiments, à l’origine, les habitants de la région ne les considéraient pas comme beaux : c’étaient d’anciens bâtiments d’usines, fonctionnels, techniques, qui, comme tant d’autres, tombaient en ruine depuis la fermeture des charbonnages.
L’archéologie industrielle, qui vise à sauvegarder et à magnifier d’anciens bâtiments hautement symboliques de l’histoire économique et sociale d’une région, est un combat de quelques-uns, qui n’a pas toujours été à la mode comme il l’est aujourd’hui.
Le jury qui a choisi le projet de Jean Nouvel en 1997 au terme d’une consultation européenne considère à l’époque qu’il est “celui qui manifeste le plus grand respect envers le site de Crachet”.

Architecture industrielle

Pour Jean Nouvel, le défi à relever était de faire cohabiter ces anciens bâtiments du charbonnage en les respectant – d’autant plus qu’ils étaient classés – avec des bâtiments contemporains dédiés à un musée des sciences et des techniques.
Aux anciennes constructions de briques, de béton, de verre répondent de nouvelles structures aux allures industrielles elles aussi, comme le Hangar aux expositions qui évoque les édifices de l’industrie aéronautique. Ou encore comme la pièce maîtresse de l’ouvrage, qui donne le ton aux visiteurs dès leur arrivée : la longue passerelle en bardage métallique, avec son trottoir roulant d’aéroport, rappelle l’ancien transbordeur qui acheminait les wagons de charbon vers le centre de tri.
Le pari était aussi de l’inscrire dans le paysage, un paysage très marqué, avec son châssis à molettes, son terril et ses anciennes voies de chemin de fer devenues RAVeL depuis.