Moins connu que Darwin, le naturaliste Henry Bates, à travers ses explorations de la forêt amazonienne, a pourtant esquissé une théorie de l’évolution en observant des papillons. Le “mimétisme batésien” est une forme originale d’adaptation destinée à détromper les prédateurs…

Henry Bates

Il n’avait que 23 ans, était curieux de tout depuis son enfance et s’est lancé dans la grande aventure de l’exploration de la forêt amazonienne. C’était l’époque où de nombreux curieux, expérimentateurs, voyageurs, naturalistes se sentaient à l’étroit dans les frontières qu’on leur avait fixées et ont fait avancer les sciences grâce à leur audace et leur soif d’aventures.

En 1848, Henry Walter Bates quitte son Angleterre natale pour une exploration de cette intrigante forêt… Un voyage qui dure finalement 11 ans et qu’il raconte dans un récit publié en 1863 “Le naturaliste sur le fleuve Amazone”.

Au cours des 11 années passées dans la forêt amazonienne, Bates s’intéresse à l’ensemble de la faune, mais plus particulièrement aux insectes : il collectionne patiemment plus de 14 000 espèces différentes, dont plus de 8000 étaient inconnues à l’époque! Ces specimen appartiennent aujourd’hui au Musée d’Histoire Naturelle de Londres.

 

 

Henry Bates déchiffre les papillons comme on décrypte des tablettes

Dans la Galerie de l’évolution du Natural History Museum de Londres

Au cours de ses pérégrinations, Henry Bates s’intéresse particulièrement à un phénomène étonnant : il est intrigué par plusieurs papillons qui se ressemblent presque complètement par le port, le dessin et la couleur alors qu’ils appartiennent à des papillons d’autres espèces, complètement différents, notamment par la structure de leur corps. Entre ces papillons, une autre grande différence: les uns sont venimeux, dégagent une substance toxique à l’approche de leurs prédateurs, les autres sont inoffensifs. “Sur les ailes déployées de ces papillons, la nature écrit comme sur une tablette l’histoire des modifications des espèces“, note-t-il, faisant le parallèle avec la découverte archéologique de tablettes qui donneront les clés des écritures anciennes. Pour lui, les êtres vivants portent en eux la très longue histoire qui leur a donné naissance. Le mimétisme est l’une des preuves les plus de marquantes de l’évolution. Ses observations n’ont pas manqué d’être remarquées par Charles Darwin plongé dans ses travaux sur l’évolution des espèces.

 

 

 

Ce mécanisme sera par la suite dénommé le mimétisme batésien; une stratégie très efficace comme l’explique clairement cette vidéo :

Henry Bates

   https://education.francetv.fr/matiere/sciences-de-la-vie-et-de-la-terre/sixieme/video/henry-walter-bates-l-evolution-du-mimetisme

 

 

 

 

 

A l’époque, ces découvertes étaient le fruit d’observations patientes. La génétique a depuis fait progresser la science et apporté son lot de chamboulements dans les classifications… Et même si tous les secrets ne sont pas encore élucidés, les recherches avancent sur le mimétisme des papillons.

 

Un film pour raconter l’aventure amazonienne d’Henry Bates

En 2017, SKfilms a imaginé un film sur la fabuleuse aventure d’Henry Bates, popularisant ainsi ce naturaliste dont les découvertes étaient confinées jusque-là aux cercles scientifiques. Amazon Adventures raconte le voyage de l’explorateur dans cette région méconnue et parfois très inhospitalière qu’est la forêt amazonienne.  Dans la section “éducation”, le site du film propose une série d’explications sur la théorie de l’évolution, adaptées à différents niveaux (en anglais).

Découvrez également qui était Henry Bates à travers le making off du film :

Bates, Amazonie. Pour aller plus loin :

– Si ce genre de thématique vous intéresse, retrouvez chaque samedi sur France Inter  l’émission “Sur les épaules de Darwin”. Voici le lien de l’émission consacrée à Henry Bates.

– Si la forêt amazonienne vous fascine et si les menaces qui pèsent sur sa biodiversité et ses habitants, l’exploitation outrancière de ses richesses (bois, métaux…), lisez régulièrement des articles de presse sur  le site 20 minutes, dans sa section spécialisée Amazonie.