D’après le premier recensement mondial des arbres, plus de 60 000 espèces différentes « peuplent » notre planète. Près de 10.000 d’entre elles sont cependant menacées, mais des passionnés font tout pour les préserver.
Par ailleurs, des chercheurs ont récemment découvert  près de 500 millions d’hectares de forêts qui n’avaient jamais été identifiés. L’équivalent de la forêt amazonienne.

Aussi bizarre que cela puisse paraître, les arbres n’avaient jamais été recensés à l’échelle mondiale. Chaque état conservait ses propres données, mais aucune harmonisation n’avait été effectuée. C’est le Botanic Gardens Conservation International (BGCI), un organisme qui réunit 500 jardins botaniques dans une centaine de pays, qui a réalisé ce travail titanesque. Publié dans Journal of sustainable forestry et consultable grâce au moteur de recherche GlobalTreeSearch, ce recensement constitue un formidable outil pour gérer la diversité des espèces et les stocks de carbone, que ce soit au niveau mondial ou régional.

Recensement des arbres : le Brésil en tête!

On sait désormais que 60 065 espèces d’arbres existent sur la planète. Le Brésil compte une diversité particulièrement grande, avec 8715 espèces différentes, suivi de la Colombie (5776) et de l’Indonésie (5142).

58% des espèces mondiales sont endémiques, c’est-à-dire qu’on les trouve à l’état naturel exclusivement sur un seul territoire. L’île de Madagascar, par exemple, est championne à ce niveau : 2991  espèces d’arbres n’y poussent que là. L’Australie et la Chine comptent également de nombreuses espèces endémiques.

Par contre, l’Amérique du Nord se distingue par sa faible diversité : 1367 espèces seulement.

9600 espèces d’arbres menacées

arbres

Le séquoia géant en voie de disparition.

Le recensement révèle également un côté moins réjouissant : 9600 espèces sont menacées, dont 3000 sont en situation très critique : il en reste moins de 50 spécimens à l’état sauvage. La surexploitation et la déforestation ont détruit en quelques siècles une richesse qui avait traversé des millénaires auparavant.

Mais bonne nouvelle : le réseau mondial de jardins botaniques s’attelle à sauvegarder ces espèces en voie d’extinction en replantant et en en conservant le bagage génétique.

Un exemple d’espèce en voie d’extinction à l’état sauvage ? Le séquoia géant, dont le Général Sherman, âgé de 2200 ans, est le plus illustre représentant.

 

 

Découverte de nouvelles forêts!

arbresParallèlement, et de façon tout à fait indépendante du recensement, une équipe de chercheurs vient de bouleverser complètement l’évaluation de la surface des forêts au niveau mondial! Plusieurs pays dont le Niger, le Brésil, la Tunisie ou encore la Turquie avaient fait une demande à la FAO – l’organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture – pour une cartographie plus précise des surfaces forestières dans les zones arides. Chacun de ces pays avait en effet constaté qu’il y avait des manquements dans le recensement. Les images satellites sur lesquelles se basait jusqu’ici la cartographie n’étaient pas suffisamment pointues. Un travail de fourmi de collaboration internationale, à la fois scientifique et technologique, a ici aussi été effectué. Grâce aux données satellites haute résolution on a finalement découvert des forêts jusque-là invisibles. A découvrir dans le magazine Science!

Il ne s’agit pas de quelques hectares de forêts oubliées…mais de 467 millions d’hectares, soit l’équivalent de la forêt amazonienne! Incroyable mais vrai!

Arbres et climat : une nouvelle donne

Une bonne nouvelle pour la planète! Une nouvelle qui vient aussi remettre en question les modèles climatiques actuels, dans la mesure où ceux-ci se basent notamment sur l’équilibre en CO² dans l’atmosphère…lui-même lié à la population forestière. Ces zones forestières en milieu arides pourront également être le point de départ de la reforestation dans des pays que guette la désertification.

A lire…

arbresUn très beau livre pour les amoureux des arbres : “A l’orée du verger”. Tracy Chevalier y raconte comment les arbres ont voyagé dans le monde entier grâce à des pionniers qui ont parfois payé de leur vie cette ruée vers les graines et les plants, à une époque où les Aristocrates anglais rivalisaient pour créer les plus beaux parcs, aux essences les plus exotiques. Tandis que d’autres pionniers se tuaient à défricher des terres stériles pour y planter des vergers, important vers le nouveau monde les succulentes espèces de pommes du vieux continent…

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