Depuis la nuit des temps, les comètes intriguent les humains que nous sommes. Phénomènes atmosphériques ou objets plus éloignés, se déplaçant dans le système solaire ? Les réponses ont bien évolué au fil des siècles, mais la sonde Rosetta va encore nous permettre de faire un énorme bond en avant dans la compréhension des comètes…

Pourquoi envoie-t-on des sondes dans l’espace ? Que recherchent les hommes qui passent des années à construire des engins, calculer leurs trajectoires, mettre au point des instruments de mesure ? C’est que l’homme – l’homme curieux en tout cas -, s’intéresse depuis toujours à l’univers qui l’entoure et cherche à savoir ce qu’il y a au-delà de ce qu’il a pu observer jusqu’ici, mais aussi à comprendre l’origine de la vie sur terre.

Rosetta et son robot Philae

Ainsi en est-il pour la sonde Rosetta, envoyée dans l’espace en 2004 par l’Agence Spatiale Européenne (ESA) avec son robot Philae pour explorer la comète Tchouri (du nom des 2 scientifiques russes qui l’ont découverte, Tchourioumov et Guérassimenko). Philae, c’est un robot qui n’est pas plus grand qu’un frigo-box mais possède une dizaine d’instruments qui vont permettre de mieux comprendre ce qu’est une comète, d’abord (de quoi est-elle composée ? Comment a-t-elle évolué ? ), et ensuite de répondre à quelques-unes des questions parmi les nombreuses qui sont encore en suspens sur l’univers et l’évolution du système solaire.
Autant dire que tous les scientifiques qui ont participé au projet s’y sont projetés avec, chacun, des idées plus ou moins précises de ce qu’ils allaient découvrir…

Un gros caillou plutôt qu’une boule de glace

“En voyant les photos transmises par Rosetta, on a eu beaucoup plus de questions que de réponses”

Mais l’univers aime jouer avec la science des hommes et, au vu des premières images, c’est l’étonnement qui prime : “La première fois qu’on a vu les photos qui nous étaient transmises par Rosetta, on a eu beaucoup plus de questions que de réponses. On ne s’attendait pas à cela“, explique Maxime Duménil, passionné d’astronomie et médiateur à SciTech², la cellule de diffusion des sciences de l’UMons.
Selon l’ESA, plus d’1 million de trajectoires ont été calculées pour faire approcher Rosetta de la comète Tchouri, dont on sait qu’elle a la taille du Mont Fuji et que c’est une comète à “courte période”, c’est-à-dire qui fait sa course autour du soleil en 6 ou 7 ans. Et Philae s’est posé l’an dernier exactement à l’endroit prévu par les calculs – sur la zone “la plus plate possible”…mais ce qui n’était pas prévu, c’est qu’elle a rebondi à plusieurs reprises! Ce qui signifierait que la surface n’était pas celle que l’on attendait…
Autre surprise : avec les photos qui ont été prises par Rosetta, une modélisation en 3D a été réalisée révélant son aspect rocheux : “C’est plus un gros caillou qu’une boule de glace, avec des falaises et des éboulis”.

Des photos et des expériences scientifiques à analyser

A l’approche du soleil, les instruments ont paniqué en raison de l’activité intense. “Plus on s’approche du soleil, plus la comète “crache” dans tous les sens, même dans les endroits situés dans l’ombre”. Mais d’autres découvertes vont encore être faites, puisque Philae, malgré tous ces “rebondissements” et ces péripéties attendues ou non, a envoyé plus de 50h d’expériences scientifiques qui doivent à présent être analysées. Ainsi par exemple, 16 molécules organiques ont été captées par ses appareils; on sait que l’atmosphère de la comète est composée de vapeur d’eau, de monoxyde et de dioxyde de carbone et de molécules organiques volatiles; il semble également que la couche de surface soit un mélange très très dur de glace et de poussière…
Pour connaître la suite des analyses, rendez-vous à la Nuit des Étoiles 2016 : “on espère que Rosetta va résister au passage à proximité du soleil et pourra encore donner d’autres informations avant la fin de sa mission prévue pour septembre 2016“, conclut, optimiste, Maxime Duménil qui, lors du dernier week-end des étoiles (2015), a réjoui de nombreux amateurs en racontant l’histoire de la connaissance des comètes depuis Aristote et Sénèque jusqu’aux révélations délivrées par Rosetta, en passant par les découvertes déterminantes faites à partir du 16e siècle par Tycho Brahé, Newton, ou Halley!