Arthur Ashkin, Gérard Mourou et Donna Strickland : le prix Nobel de physique a été attribué cette année à 3 scientifiques pour leurs recherches sur les lasers de haute précision en médecine et en industrie. Parmi les applications concrètes : la chirurgie de l’œil !

prix Nobel de physique 20183 chercheurs partagent le prix Nobel de physique, cette année. L’Américain Arthur Ashkin, 96 ans, obtient la moitié de la récompense pour ses travaux ayant permis de manipuler des objets grâce à la lumière. Le chercheur de l’université de Cornell a notamment réussi à utiliser la pression très légère exercée par les photons pour déplacer et maintenir immobiles de minuscules objets physiques au sein d’un laser afin de les étudier en détail.

 

 

 

Précision et amplification : 2 avancées incroyables de la technique du laser

Ce système de «pinces» lumineuses a notamment permis de capturer une première bactérie en 1987. Il est depuis très largement utilisé en biologie pour étudier la machinerie du vivant, comme l’écrit l’Académie Nobel dans son communiqué.
Un Français, Gérard Mourou, 74 ans, partage l’autre moitié de la récompense avec Donna Strickland, une Canadienne de 59 ans de l’université de Waterloo pour la mise au point du procédé d’amplification des lasers. Leurs découvertes ont “révolutionné” la physique des lasers, devenus “des instruments de précision avancée qui ouvrent des champs inexplorés de recherche et une multitude d’applications industrielles et médicales”, a expliqué l’Académie royale des sciences à Stockholm.

Le laser, une technique qui a 60 ans

Ce n’est pas la première fois que la recherche sur le laser – dont les principes élémentaires avaient été décrits en 1916 par Einstein -, se voit récompenser par un Nobel. Ce fut notamment le cas pour le prix Nobel de physique en 1964. La lumière des lasers est créée via une réaction en chaîne dans laquelle les particules de lumière, les photons, génèrent davantage de photons, qui peuvent être émis en pulsations. Depuis, on a cherché à créer des pulsations plus intenses, mais la limite semblait atteinte. Mourou et Strickland ont inventé la technique d’amplification des lasers, qui génère des impulsions ultra-courtes et de très haute puissance.

Les myopes remercient les Prix Nobel du laser!

Grâce aux travaux réalisés par Gérard Mourou et Donna Strickland, son ancienne étudiante, des millions de personnes myopes dans le monde ont eu leur vue corrigée grâce à ces lasers très précis. Avec de très courtes impulsions, ils peuvent sculpter très précisément la cornée de ma-nière à redonner la bonne forme optique à cette loupe naturelle. Le procédé inventé par les deux Nobel permet d’avoir un laser compact, facilement utilisable dans un bloc opératoire et fournissant des milliers de pulsations par seconde.
Soigner la cataracte ou fabriquer les « stents » renforçant les vaisseaux sanguins figurent parmi les autres applications devenues courantes des technologies du laser… et d’autres restent en-core à explorer.
Le procédé, appelé «amplification par dérive de fréquence», CPA en anglais, permet aussi de produire les lasers les plus puissants au monde, avec des crêtes atteignant plusieurs millions de milliards de watts (petawatts).

Le doyen des Nobel et la troisième femme prix Nobel de physique

Le prix Nobel de physique de cette année se distingue encore de 2 façons : A 96 ans en effet, l’Américain Arthur Ashkin, devient le doyen des lauréats. Une manière de couronner l’ensemble d’une carrière dédiée au perfectionnement de la technique du laser.
Pour sa part, la Canadienne Donna Strickland est la première physicienne nobelisée en plus d’un demi-siècle… et seulement la troisième femme de l’histoire du prix Nobel de physique, après Marie Curie en 1903 et Maria Goeppert-Mayer en 1963 ! La longue marche des femmes scienti-fiques vers la reconnaissance de leur travail est loin d’être terminée ! « Le nombre de femmes en sciences a régulièrement augmenté ces dernières années, mais le pourcentage des nominés reflète celui des femmes en sciences d’il y a plusieurs décennies », a commenté Greta Obner, membre du comité Nobel.

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