Comment assurer une alimentation locale quand on dispose de peu d’espaces ? Les fermes urbaines, les potagers sur les toits et autres expériences agricoles menées en ville se multiplient.

A New York, à Paris, à Shangaï ou à Bruxelles : aux quatre coins de la planète, on investit de plus en plus les toits des villes pour conquérir le moindre espace de parcelle à cultiver. Une simple mode ? Pour les promoteurs de ces potagers urbains, il s’agit au contraire d’initiatives essentielles: d’ici 2050, 70% des habitants de la planète vivront en ville. Les terres agricoles classiques ne pourront plus subvenir à l’ensemble de ces besoins.
L’objectif est bien sûr de produire des aliments pour le plus grand nombre, mais également de favoriser le local et de reconnecter les habitants, petits et grands, à la terre.

Hydroponie et aquaponie à la ferme urbaine d’Anderlecht

ferme urbaineParmi les diverses initiatives, l’énorme projet des abattoirs à Anderlecht, une des plus importantes fermes urbaines d’Europe : sur les toits des halles marchandes des anciens abattoirs s’étendent 4000m² réservés à l’agriculture. 2000m² en jardins potagers « à l’air libre » et 2000 autres sous serres en hydroponie (agriculture hors sols)/aquaponie. Une production sans pesticides, sans antibiotiques, sans OGM et sans chaîne de froid qui vise 2700 pots aromatiques par semaine, 15 tonnes de tomates par an et 35 tonnes de bar rayé! Du bar rayé ? Et oui, c’est le principe de l’aquaponie, une technique millénaire déjà utilisée par les Mayas : plantes et poissons échangent leurs nutriments et micro-organismes respectifs pour grandir le plus naturellement du monde! Un imposant projet d’économie circulaire porté par la société BIGH, comme Building Integrated Green Houses.

 

Comment fonctionne l’aquaponie ?

Un jardin en ville : verticalité et légèreté s’imposent

Autre exemple de projet bruxellois : Peas and Love, dont l’agronome porteur du projet apporte des explications très pratiques dans l’émission “Jardins et Loisirs” de la RTBF. Parmi les particularités que doivent avoir les jardins en ville : la verticalité pour pallier le manque de place, mais aussi le poids le moins élevé possible puisque les jardins prennent place sur des toitures.

 

Cultiver en ville ? Les enjeux pour demain

L’exposition Nature 2.0 du Pass présente ces techniques d’hydroponie et d’aquaponie. A travers le film d’animation “cultiver en ville ?”, elle décrit les enjeux de ces nouveaux phénomènes pour l’avenir de la planète. (Ce film d’animation fait partie d’une série créée pour l’exposition par C’est magnifique!, Anne Viel et Benjamin Gibeaux).

 

Forêts urbaines

On parle aussi de plus en plus de forêts urbaines : plusieurs expériences sont en cours en Wallonie et à Bruxelles pour réimplanter des espèces indigènes en grande quantité dans les villes et restaurer ainsi de la biodiversité. Il s’agit ici encore non seulement de recréer tout un écosystème au cœur des villes mais aussi de permettre à chacun d’être en contact au quotidien avec la nature. Les forêts sont d’ailleurs le plus souvent plantées avec la participation des écoles du voisinage, histoire d’y adjoindre un projet pédagogique porteur. A Ormeignies près d’Ath, à Grez-Doiceau mais aussi en région bruxelloise, les forêts réinvestissent la ville! Ici, l’exemple mené à Gembloux grâce à Urban Forests :

 

Selon Vincent Callebaut, architecte belge qui planche depuis plusieurs années sur l’aménagement des villes du futur, « La ville de demain sera plus verte, plus solidaire et plus durable ». Nul doute que les fermes et forêts urbaines contribueront à ce mouvement !

 

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